jeudi, juin 13, 2024
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La nouvelle réforme de RSA 2023 : Un autre thème explosif pour le gouvernement Français !

Avec la nouvelle réforme du RSA (Revenu de Solidarité Active), le gouvernement Français propose que d’imposer 15 heures à 20 heures d’activités par semaine pour bénéficier de cette aide. En effet, en France la nouvelle réforme des retraites n’est pas la seule source de conflit entre les différents syndicats et l’exécutif.

La nouvelle réforme de RSA 2023 : une autre thème o explosif pour le gouvernement Français !

Le Revenu de Solidarité Active (RSA)
Le Revenu de Solidarité Active (RSA)

Cette semaine, la première Ministre Française, Élisabeth Borne va rencontrer les cinq (5) principaux syndicats afin de renouer avec le dialogue. Les syndicats ont l’intention de discuter de la nouvelle réforme du Revenu de solidarité active (RSA).

Le projet de loi « Plein emploi » que le gouvernement Français présentera prévoit un système pour inciter les bénéficiaires du Revenu de solidarité active à suivre un parcours de formation de 15 heures à 20 heures par semaine.

Les bénéficiaires ne seront pas obligés de travailler gratuitement ou de faire du bénévolat. Ils seront accompagnés afin de retrouver un emploi, de se former, de découvrir des métiers ou tout simplement reprendre contact avec le monde du travail.

L’expérimentation de la nouvelle réforme a été lancée pour rappel dans dix-huit (18) départements Français le mois dernier. Le gouvernement Français prévoit de l’étendre progressivement pour la généraliser début de l’année 2027.

La nouvelle réforme du Revenu de solidarité active RSA est critiquée

L'emploi en France
L’emploi en France

Le gouvernement Français veut améliorer l’emploi des bénéficiaires du Revenu de solidarité active avec cette nouvelle réforme. En mois de janvier de l’année 2022, la Cour des comptes a révélé qu’environ la moitié des bénéficiaires de RSA ne s’engagent pas à trouver un travail et que 17% d’entre eux ne reçoivent aucun suivi. Les sages ont également déclaré que seulement 34% des bénéficiaires de cette aide sont sortis du Revenu de solidarité active et ont trouvé un emploi sept (7) ans plus tard. Parmi eux, seulement un tiers (1/3) a un emploi stable.

Cependant, la nouvelle réforme elle-même est fortement contestée. Dans une déclaration publiée ce lundi 15 mai 2023, les syndicats réitèrent leur opposition à la conditionnalité d’accès au Revenu de solidarité active, qu’ils qualifient de régression sociale.

De nombreuses associations de défense des personnes les plus précaires ainsi que des personnalités de gauche ont également exprimé leur désaccord.

Ces réactions ont été analysées par le sociologue François-Xavier Merrien, qui a mené des études auprès des bénéficiaires du Revenu de solidarité active dans le Gers et en Bourgogne : « Cette nouvelle réforme insinue que les bénéficiaires de cette aide sont des pauvres qui ont choisi de vivre des aides sociales, alors qu’il s’agit souvent d’individus peu qualifiés qui alternent entre les périodes de travail (avec des emplois précaires) et de chômage, ou d’individus qui ont connu un accident de la vie, comme un licenciement économique, un problème de santé ou une rupture conjugale. »

Les propos d’Emmanuel Macron sur les personnes bénéficiant du RSA ont été largement critiqués

La nouvelle réforme des retraites 2023
La nouvelle réforme des retraites 2023

Lors de son interview sur les deux chaines Françaises TF1 et France 2, fin de mois de mars dernier, le président Français, Emmanuel Macron a opposé les individus travaillant aux individus bénéficiant de minima sociaux. Il a affirmé que « Beaucoup d’individus travaillant disent : « vous nous demandez des efforts (mais) il y a des individus qui ne travaillent jamais’ ». Cette déclaration a suscité des réactions négatives de la part des associations qui luttent contre la précarité. François-Xavier Merrien pense que c’est un discours populiste, dans le but de créer une alliance avec une partie des classes moyennes.

Selon Benoit Reboul-Salze, délégué national ATD Quart-monde, une stigmatisation accrue des bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) pourrait avoir des conséquences en cascade : « Cette nouvelle réforme risque également de dissuader certains individus de demander le Revenu de solidarité active. Ce qui augmenterait encore le taux de non-recours à cette aide financière, qui est de 34 %. » Cela pourrait donc entraîner une augmentation du nombre d’individus en situation de grande précarité.

Des mesures strictes en cas de refus sans raison valable de signer un contrat d’engagement

Une mesure critiquée concerne la suspension temporaire, totale ou partielle du Revenu de solidarité active si le bénéficiaire refuse sans raison valable de signer son contrat d’engagement. Cette mesure est critiquée par Benoit Reboul-Salze qui pense qu’elle risque de stigmatiser les bénéficiaires de cette aide et de les décourager dans leur recherche d’emploi. L’UNCCAS (Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale) partage également cet avis.

Les prestations et les aides sociales de la Caisse d'Allocations Familiales
Les prestations et les aides sociales de la Caisse d’Allocations Familiales

La faisabilité de cette nouvelle réforme est également remise en question. Les expérimentations ne seront pas terminées avant le mois de décembre prochain (2023), alors que le gouvernement Français souhaite présenter son nouveau projet de loi dès le mois de juin prochain. Il est également difficile de trouver les moyens nécessaires à cette nouvelle réforme du RSA, comme le recrutement de nombreux conseillers afin d’inscrire les bénéficiaires à France Travail et leur proposer un suivi personnalisé.

Proposer 15 heures à 20 heures d’activité à deux (2) millions d’individus semble également complexe, parce que cela représenterait trente (30) millions d’heures d’activité par semaine à trouver c’est énorme. La possibilité pour chaque bénéficiaire de cette aide d’honorer ses rendez-vous avec son conseiller est également très difficile pour les personnes qui habitent à la campagne sans moyen de transport, ou pour les individus qui ne peuvent pas faire garder leurs enfants.

Malgré le risque de frictions avec les syndicats et les associations caritatives, cette nouvelle réforme ne devrait pas entraîner de grandes manifestations, parce qu’elle ne touche qu’une petite partie de la population. François-Xavier Merrien le précise en anticipant les réactions à cette nouvelle réforme par rapport aux manifestations des retraites.

 

Mohammed Muhammed
Mohammed Muhammed
Par Mohammed Loul Rédacteur web expérimenté, il rédige notamment des articles sur l'actualité des aides et les primes en France
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